Collectif Budgetaire 2014: les contours de la Loi de Finance Rectificative

Principaux changements: accroissement des recettes d’environ 12,8 % et des dépenses de l'ordre de 7,7%.
Principaux changements: accroissement des recettes d’environ 12,8 % et des dépenses de l’ordre de 7,7%.

 L’actualité économique tchadienne est principalement marquée par l’adoption, courant juin, de la Loi de Finance Rectificative (LFR) 2014 et des actions d’investissement en partenariat avec les consortiums pétroliers œuvrant au Tchad.

 

À peine 5 mois après son adoption, la Loi de Finance Initiale (LFI) 2014 a subi d’énormes modifications après une brève audition du Ministre des Finances et du Budget par les élus. Le Ministre Bédoumra KORDJE a justifié la nécessité d’apporter des modifications à la LFI 2014 par des changements majeurs intervenus dans les prévisions des recettes et des dépenses. En effet, suite à une baisse de production dans les champs de Doba et des retards d’exploitation de nouveaux gisements, le Tchad a vu ses ressources pétrolières dégringolées au premier trimestre 2014. Une autre raison avancée, est la révision à la hausse des ressources devant servir à construire des infrastructures, notamment celles destinées à abriter le sommet de l’Union Africaine (UA) en Juin 2015 dans la capitale et l’anticipation du remboursement d’un prêt de 329,76 milliards contracté auprès de la société Glencore par la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) représentant le Tchad en 2013. Enfin une raison et non la moindre pouvant justifier la LFR 2014 est l’aboutissement des négociations du Tchad avec les institutions de Bretton Woods pour une Facilité Élargie au Crédit (FEC). Il convient toutefois de noter que la LFR 2014 a permis d’établir le niveau des recettes à 1857 milliards de FCFA contre 1646 milliards de FCFA dans la LFI 2014 soit une augmentation d’environ 12,8 %. Cette hausse des recettes malgré la baisse des recettes pétrolières est tout simplement due au dénouement du conflit opposant l’État Tchadien au Consortium CNPC pour un montant de 300 milliards de FCFA correspondant aux recettes exceptionnelles. Le tableau suivant donne un bref aperçu des changements apportés.

Dans un contexte mondial marqué par une production croissante du pétrole brut entrainant la baisse du prix du baril et tendance à la baisse de la production nationale, le gouvernement tchadien, soucieux d’assurer au pays une source de revenu permanente et moins sensible aux aléas du marché, entreprend des actions allant dans le sens de la diversification de ses ressources. Après des mois (7) de négociations avec le groupe Chevron, le Tchad a conclu le rachat des parts de celui-ci pour une valeur de 1.3 milliards de dollars US ; ce qui lui permet d’obtenir une participation de 25 % dans le capital du consortium Esso-Chevron-Petronas et des compagnies de transport du brut, TOTCO au Tchad et COTCO au Cameroun, à hauteur respectivement de 21,54 % et 21,26%. Cette opération permettra donc un accroissement des recettes non fiscales du Tchad à travers l’augmentation des dividendes.

Rony DJEKOMBE

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